Petit Bard : Rénovation urbaine ou nettoyage de la population ?

Publié le par Rachide

Le but de cette Rénovation puisse-t-elle arriver jusqu'au bout (le projet fini est loin d'y arriver) n'est-elle pas juste en place pour "nettoyer" la population du Petit Bard en enlevant les immigrés clandestins sans papiers, les familles fauteurs de troubles, etc. Pourquoi les enquêteurs du GIE Sud Habitat demandent de nombreux renseignements aux habitants (Nationalité, emploi, nombre de personnes vivant dans le logement, etc) si ce n'est peut être pour dénoncer ces gens. Demande-t-on aux familles si elles souhaitent quitter le Petit Bard mais surtout oû veulent-elles aller ? Mais bon, nous savons très bien ce qui va se passer ! Nous avons l'exemple du quartier Phobos qui a été détruit ! Les familles n'ont pas eu le choix ! On leur a dit c'est La Paillade, c'est Pas du Loup ou rien ! Des quartiers ghétoisés, communautarisés ! Au final, çà ne sert à rien de rénover pour mettre enore les mêmes familles, les mêmes problémes, etc !
 
«L a rénovation, c'est très bien. Mais si c'est pour qu'ils nous mettent dans un quartier aussi pourri qu'ici, alors non !»Abdelkader Talboui est un maçon à la retraite. Avec sa femme et leurs trois enfants, ils vivent depuis six ans dans un deux pièces du Petit Bard, une immense copropriété privée d'une dizaine d'immeubles et de 814 appartements. En juin 2004, un homme est mort brûlé vif dans une cage d'escalier de ce quartier délabré de Montpellier, dans lequel vivent environ 5 000 personnes, qui sont presque toutes issues de l'immigration marocaine. Obligée de réagir après des années d'immobilisme, la mairie a sollicité auprès de l'Etat une aide à la rénovation, sous l'égide de l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru). Jeudi 29 juin, la première brique d'un nouveau bâtiment d'habitation a été posée par Hélène Mandroux, maire (PS) de Montpellier, qui a succédé à Georges Frêche, devenu président du conseil régional. «Mon immeuble va être démoli dans moins d'un an,poursuit Abdelkader Talboui, mais j'ai beau demander partout, personne n'est capable de m'expliquer où je vais être relogé !»
«Bonne parole».Pour Jean-Paul Nunez, responsable local de l'association protestante d'aide aux étrangers, la Cimade : «L'opération de rénovation du Petit Bard ne sert qu'un objectif : chasser les pauvres et les immigrés d'un quartier autrefois périphérique, mais devenu aujourd'hui, par sa proximité avec le centre-ville, la proie des promoteurs.» «C'est complètement faux !»rétorque Christian Bouillé, adjoint au maire chargé du Petit Bard. Se présentant comme «un pèlerin qui va apporter la bonne parole aux habitants»de ce quartier, l'élu socialiste affirme «avoir déjà largement informé la population, notamment au travers d'une quarantaine d'associations»,dont il refuse cependant de communiquer la liste, et sans donner d'explication. Manque de chance : la seule association très présente sur le terrain, Justice pour le Petit Bard, est aussi la seule que Christian Bouillé refuse de recevoir. «Ils ne cherchent qu'à monter la population contre nous»,se plaint l'adjoint municipal.
Au Petit Bard, les situations des habitants sont très diverses : certains sont locataires d'un logement social (20 % des lots appartiennent à l'office HLM de l'Agglomération de communes de Montpellier, d'autres d'un bailleur privé, et environ 80 foyers sont propriétaires de leur propre appartement. «Le groupement d'intérêt économique Sud Habitat (GIE)[maître d'oeuvre du projet, ndlr] me propose de racheter mon appartement à 500 euros le mètre carré, alors qu'on ne trouve pas un appartement à Montpellier à moins de 2000 euros !»s'insurge Mohamed Ait Iche, maçon à la retraite dont le revenu tourne autour de 1 000 euros par mois. «Ce n'est pas moi qui ai demandé de détruire mon immeuble. Tout ce que je veux, c'est qu'ils me donnent un appartement équivalent en échange, et surtout que je n'ai rien à dépenser.»
Interrogé par Libération,Alain Vallat, directeur du GIE Sud Habitat, est catégorique : «Si nous échangeons, les personnes vont se retrouver dans des immeubles qui nécessitent des rénovations, auxquelles ils vont devoir participer. Nous allons leur expliquer qu'il vaut mieux qu'ils vendent, et se retrouvent locataires dans du logement social.»Et perdre ainsi le bénéfice d'une augmentation très importante de leur capital immobilier à l'issue de la rénovation du quartier ? «Si tout le monde avait les moyens d'investir, tout le monde serait riche»,justifie Alain Vallat.
«Marchands de sommeil».Les habitants du Petit Bard ont d'autant moins confiance dans les responsables de la rénovation du quartier qu'ils se sont fait escroquer pendant des années par des syndics , qui, de mèche avec les propriétaires de plusieurs dizaines d'appartements, véritables «marchands de sommeil», ont encaissé des charges importantes sans jamais effectuer les travaux de maintenance nécessaires (Libérationdu 6 avril 2006). Le tout sous l'oeil de la mairie, qui possédait elle aussi un grand nombre d'appartements, et dont un représentant siégeait au conseil syndical. Il s'agissait... d'Alain Vallat.
 
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